Lorsque le Père Jean-Baptiste Debrabant, fondateur des Sœurs de la Sainte Union, a écrit cette lettre le 13 février 1872, la France se remettait encore de la catastrophe. Seulement neuf mois auparavant, la Commune de Paris avait été brutalement réprimée suite à la défaite humiliante de la France dans la guerre franco-prussienne. Les troupes allemandes occupaient le territoire français, le chaos politique régnait, et personne ne savait si la France deviendrait une monarchie ou resterait une république. Pour les congrégations religieuses, l'avenir de leur mission — et leur existence même — était en jeu. Les mots du Père Debrabant capturent ce moment de crise profonde, s'ancrant lui-même et ses sœurs non dans les circonstances politiques, mais dans la foi et la gratitude pour leur vocation.
« Quand je pense au genre d'époque que nous vivons aujourd'hui, je vous le dis, mes chères Filles, Que vous êtes heureuses d'avoir quitté le monde pour vous donner à Dieu et vous consacrer à son service, dans lequel se trouvent la paix et le seul bonheur en cette vie !
Aussi, je vois avec une indicible consolation que vous répondez à cette faveur par votre piété, vos vertus, votre courage et votre dévouement dans l'œuvre du salut de la jeunesse.
Vous devriez apprécier ce bonheur d'autant plus lorsque vous voyez quel manque de foi et de piété se trouve partout dans le monde, assez pour faire trembler (…).
Dans la douloureuse attente de tout ce qui peut arriver peut arriver, fortifions dans la foi, et attachons-nous, de plus en plus, à notre vocation, dont nous devons rendre à Dieu mille actions de grâces.
Car que serions-nous devenus dans ces temps sombres et troublés où tout n'est que désordre et corruption. Cherchez consolation dans la prière devant l'Autel et dans votre travail et vos exercices spirituels. Aimez prier et recevoir la Sainte Communion ; faites bien votre méditation, en vous y préparant par des dispositions humbles et un désir sincère d'en tirer fruit et de grandir quotidiennement en sainteté. »
Debrabant Directeur Général de La Sainte Union Douai, 13 février 1872
Que vous êtes heureuses d'avoir quitté le monde pour vous donner à Dieu et vous consacrer à son service.