Le Père Debrabant y partage une étape spirituelle marquante : le dépôt de la Règle approuvée de la Congrégation et d'un Acte de consécration sur l'autel de Paray-le-Monial. S'appuyant sur cet événement sacré, il rappelle aux Sœurs que leur nom même — la Sainte-Union des Sacrés-Cœurs — exige une vie calquée sur l'amour de Jésus et de Marie.
Avec une franchise toute paternelle, il appelle à un examen de conscience sérieux, avertissant que les travers communautaires comme la critique et la jalousie blessent le Cœur du Christ. Il souligne enfin que la pratique d'une charité authentique est un devoir absolu et le chemin nécessaire vers le salut.
4.7.1873
Loués et bénis soient à jamais les très saints Cœurs de Jésus et de Marie !
Telles doivent être nos pensées et nos aspirations continuelles, mes chères filles ; c'est ce même élan de mon âme qui m'a fait porter, sur l’ autel du Sacré-Cœur, à Paray-le-Monial, un précieux reliquaire qui renferme les pièces canoniques de votre chère Congrégation, ainsi que l'acte de ma consécration au divin Cœur de Jésus, avec tous les religieux et toutes les religieuses de la Ste Union des Sacrés-Cœurs.
J'ai chargé Mr le Supérieur de St Amé de porter le reliquaire et nos vœux sacrés, sur l'autel du Sacré-Cœur, dans l'endroit même où le Sauveur apparut à la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque.
Nous devons attendre de cette pieuse offrande et de notre consécration les plus abondantes bénédictions ; c'est ce que je demande dans mes prières de chaque jour, surtout au saint Sacrifice de la Messe.
Oui, mes chères filles, je demande constamment au bon et doux Sauveur de rendre nos Cœurs semblables à son divin Cœur et à celui de Marie, sa très Ste Mère.
Vous ne le savez que trop, mes chères filles, le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie sont nos vrais modèles : ils nous prêchent la charité qui doit vous animer à l'égard de vos Sœurs, de votre prochain en général et des enfants qui vous sont confiées
Cette charité de Jésus et de Marie doit faire constamment le sujet de vos méditations ; ils vous en font un précepte si urgent qu'ils cesseraient de reconnaître en vous le titre d'enfant et d'épouse, si vous aviez le malheur de ne pas vous efforcer à leur ressembler sous le rapport de la charité.
Quand le divin Sauveur a révélé, il y a deux siècles, l'ardent amour qui enflammait son Cœur pour notre salut, il a eu pour but de faire revivre la charité dans nos âmes, comme il l'avait fait en instituant la Ste Eucharistie qui produisit de si merveilleux effets : les apôtres et les premiers chrétiens ne faisaient qu'un cœur et qu'une âme et formaient l'image du Paradis ; la charité existait dans leurs pensées et leurs jugements, aussi bien que dans toutes leurs paroles et dans toutes leurs actions.
Je viens vous demander aujourd'hui, mes biens chères filles, et de la part des Sts Cœurs de Jésus et de Marie, si vous avez cette charité; et, si vous ne l'avez pas, je viens vous adjurer, au nom du Cœur de Jésus, de travailler de suite et constamment à vous convertir; car, sans cette charité, la porte du Ciel vous serait fermée.
Si le divin Sauveur l'exige de tous les chrétiens, il l'exige bien plus encore de vous qui vous êtes consacrées à son service, sous le titre de la Ste Union des S.C.
Méditez ces grandes vérités, mes chères enfants, notre-Seigneur vous ordonne de ne pas cesser de les méditer, jusqu'à ce que vous ayez acquis cette charité que vous n'avez pas assez comprise jusqu'ici.
Comprenez- la maintenant et pratiquez- la sincèrement et généreusement puisque sans cette charité, vous ne pouvez pas être sauvées. Demandez-la vous-même à N.S. qui vous dit d'examiner votre conscience et de prononcer vous-même votre jugement.
Ne vous y trompez pas, les mécontentements, les murmures, aussi bien intérieurs qu'extérieurs, les plaintes, les critiques et les médisances, jugements téméraires, les antipathies et les jalousies, et cette malice d'examiner et juger les autres, en se dissimulant soi-même, sont autant d'injures qui blessent le Cœur de J.C. et détruisent la charité dans les âmes...
Debrabant,
Dir. Gén de la Ste Union des S.C.
Sans cette charité, la porte du Ciel vous serait fermée.