Dans les années qui ont suivi immédiatement l'approbation ecclésiastique, le père Debrabant a travaillé sans relâche pour obtenir également la reconnaissance légale en France, notamment en ce qui concerne l'œuvre scolaire. Le père Debrabant était convaincu
« que nous ne rencontrerions aucune difficulté puisque nous pouvions satisfaire à toutes les exigences fixées par la loi de 1825. Tous les documents ont été rassemblés et envoyés à Paris, au ministère de l'Instruction publique et de la Culture ».
Pourtant, leur demande fut reportée de trois ans, jusqu’en 1845. En enquêtant plus en profondeur, il découvrit la raison de ces retards — bien qu’il ait choisi de la garder secrète :
« Nous découvrîmes le nœud gordien, c'est à dire une hostilité cachée qui avait suivi notre dossier au Ministère, et dont la charité ne nous permet pas de donner l'explication ».
Conscient de la force de l'opposition à sa demande, et sur les conseils de l'archevêque de Paris, le fondateur de la Sainte Union décida d'attendre un moment plus propice. Ce n'est qu'après la révolution de 1848 que le père Debrabant renouvela sa demande de reconnaissance légale auprès du nouveau gouvernement. Il écrit lui-même :
« Notre dossier fut examiné de nouveau et d'autant plus minutieusement qu'on savait qu'il y avait eu des difficultés ; néanmoins tout fut reconnu régulier et authentique et la Sainte- Union des Sacré Cœurs fut approuvée comme Congrégation à supérieure générale, avec tous les privilèges accordés par les lois ».
« Plus tard, on essaya de ressusciter les anciennes hostilités, en employant le mensonge et la calomnie : nous n'y répondîmes que par le silence, la patience et la prière, et la Sainte-Union des Sacrés Cœurs continua de se développer, par ses maisons plus nombreuses et plus considérables ».
Les difficultés persistaient toutefois, des doutes ayant été soulevés quant à l'authenticité des origines de la Congrégation. Finalement, cependant, les témoignages de contemporains ont permis de surmonter cet obstacle, et la Sainte Union a continué à prospérer :
« Devant cette pièce, dont la véracité pouvait être confirmée par des milliers de témoins, la machine de guerre fut brisée. Les hostilités elles-mêmes restèrent confondues et anéanties et la Congrégation de La Sainte-Union des Sacrés-Cœurs n'en essuya qu'une plus grande prospérité, aussi bien en France qu'en Angleterre et en Belgique ».
« Le nombre des maisons s'élevait déjà à plus de deux cents; celui des religieuses à mille, et celui des élèves à plus de 40.000, y compris les élèves des écoles dominicales. En considérant le renouvellement continuel des élèves qui se fait, chaque année, depuis un demi-siècle, à dater de l'origine de la première maison, c'est par centaines de mille qu'on pourrait les compter. C'est ainsi que Dieu sait tirer le bien du mal: qu'il en soit mille fois béni et glorifié ! ».
Extrait d'une lettre circulaire du père Debrabant, 1876
C'est ainsi que Dieu sait tirer le bien du mal: qu'il en soit mille fois béni et glorifié !