
L'interculturalité et la diversité au cœur de la Sainte Union
Deux rencontres de formation organisées en février avec le père Roger Schroeder ont ouvert de nouvelles perspectives de compréhension.
Les 14 et 21 février, les sœurs de la Sainte Union se sont réunies en ligne pour réfléchir à l’interculturalité, l’un des principaux défis et opportunités auxquels leurs communautés sont confrontées.
L’interculturalité et la diversité ne sont pas des préoccupations secondaires pour la Sainte Union ; elles sont au cœur même de sa spiritualité. Le père Roger Schroeder est missionnaire du Verbe Divin et professeur d’études interculturelles et de pastorale à la Catholic Theological Union, à Chicago, aux États-Unis.
Il a guidé les sœurs à travers le concept de l’« iceberg culturel » : à l’instar d’un iceberg, seule une petite partie est visible au-dessus de la surface, tandis qu’une partie bien plus importante reste cachée sous l’eau. Les aspects visibles comprennent la langue, l’habillement, la nourriture, la musique, les coutumes et les rituels : les éléments que nous remarquons immédiatement lorsque nous rencontrons une autre culture. Cependant, les dimensions plus profondes et plus puissantes restent invisibles. Sous la surface se trouvent les valeurs, les croyances, les présupposés, les attitudes envers l’autorité, les concepts du temps, les visions de la famille, les styles de communication, les conceptions du pouvoir et les manières d’exprimer la foi. Ces éléments cachés façonnent la manière dont les personnes interprètent la réalité, entrent en relation avec les autres et prennent des décisions. Souvent, les malentendus ne proviennent pas de ce qui est visible, mais d’attentes tacites et de visions du monde profondément ancrées.
La vie interculturelle est un appel à la conversion pour de nombreuses congrégations, pour lesquelles cela reste un « terrain inconnu », mais qui est de plus en plus perçue comme essentielle à une vie religieuse internationale viable. Mais c’est un appel qui s’adresse à tous les croyants.
La formation comprenait des travaux en petits groupes visant à approfondir le message et à le relier à la vie quotidienne de la communauté. Une enquête a révélé que les sessions avaient été très appréciées. Les participants ont mis en avant plusieurs thèmes clés qui ont trouvé un écho à travers les cultures et les continents. Beaucoup ont évoqué l’importance de l’ouverture, de l’écoute et de l’apprentissage mutuel, reconnaissant que le dialogue continu est la seule voie vers une véritable compréhension réciproque.
Étroitement lié à cela, un engagement renouvelé envers le respect, l’acceptation et la valeur de chaque personne a été exprimé simplement par ces mots : « Il n’y a pas de culture supérieure ou inférieure ». Les participants ont également considéré la diversité comme un cadeau et une source d’enrichissement, exprimant leur gratitude tant pour les bienfaits que pour les défis qu’elle apporte.
Sur un plan plus personnel, beaucoup ont cité la conscience de soi, la croissance et la transformation comme des éléments centraux du parcours, reconnaissant la nécessité de prendre conscience de ses propres préjugés culturels, suppositions et peurs avant de s’ouvrir véritablement à l’autre.
Le lien entre l’interculturalité et le charisme de la Sainte Union est apparu comme une intuition profonde : promouvoir l’interculturalité, c’est, au fond, promouvoir le Règne de Dieu parmi les peuples.
Les sœurs ont également réfléchi à l’impact concret sur la vie communautaire et la mission, beaucoup d’entre elles trouvant l’expérience partagée entre les différentes régions et cultures particulièrement enrichissante. Enfin, les participantes se sont mises d’accord sur une vision de l’interculturalité comme un processus continu de dialogue et de transformation, non pas un simple exercice social, mais un profond cheminement spirituel exigeant de l’humilité, une écoute attentive et le courage de surmonter les malentendus.

À partir de ce riche échange, trois principes directeurs pour la vie interculturelle ont été proposés :
- Découvrir la dignité de la différence. La différence ne diminue pas l’unité ; elle l’enrichit.
- Repenser notre façon de penser. L’interculturalité nous fait passer du « soit… soit » au « à la fois… et », du « nous et eux » au « nous ».
- Élargir notre image de Dieu. L’exclamation de Sojourner Truth — « Oh mon Dieu, je ne savais pas que tu étais si grand ! » — rend compte de la crainte révérencielle qui surgit lorsque nous rencontrons Dieu reflété dans des cultures différentes de la nôtre.
Comme l’a partagé Sœur Caroline Njah, la Supérieure générale, en conclusion : « L’interculturalité commence dans le cœur. Elle grandit à travers nos choix quotidiens — comment nous écoutons, comment nous parlons, comment nous pardonnons, comment nous collaborons et comment nous aimons. L’avenir de la Sainte Union ne sera pas façonné par des documents seuls, mais par notre engagement personnel en faveur de la transformation. Puissions-nous être assez courageuses pour examiner nos attitudes, assez humbles pour apprendre les unes des autres, et assez généreuses pour construire des ponts là où il y avait des murs. »
En embrassant l'interculturalité, la Sainte Union vivra plus pleinement sa vocation trinitaire : une communion de personnes diverses, unies dans l'amour, témoignant devant un monde qui aspire à l'unité dans la diversité.
Par Maria Chiara De Lorenzo