Ce mois-ci, Sœur Barbara Walsh anime une discussion avec les Sœurs Alice Arsenault et Alice Michael au sujet de leur récent pèlerinage bicentenaire à Douai, le village de notre fondation, dans la campagne française.
Plusieurs dizaines de Sœurs de la Sainte-Union du monde entier se sont jointes à elles pour ce voyage extraordinaire, au cours duquel elles ont découvert et expérimenté directement l'histoire de notre fondateur, ainsi que les églises et les personnes au milieu desquelles notre congrégation est née.
Leurs expériences les ont toutes deux profondément touchées, et elles n'oublieront jamais l'impact spirituel que ce pèlerinage a eu sur elles. La magnifique chanson du bicentenaire de la Sainte-Union à la fin de cet épisode a été composée par Nkwain Sam.
Ecoutez l'enregistrement audio (en anglais) : https://www.holyunionsisters.org/about-us/holy-union-podcast/
Sœur Barbara Walsh : Bonjour et bienvenue à tous, chers amis, dans Called to Be, le podcast des Sœurs de la Sainte-Union. Nous sommes une congrégation de religieuses catholiques appelées à être au cœur du monde, pour révéler l'amour de Dieu. Dans notre podcast, nous abordons un large éventail de sujets autour de la foi, de la spiritualité et de nos différents ministères. Nous sommes ravis que vous vous joigniez à nous aujourd'hui. Pour en savoir plus sur nous, vous pouvez nous retrouver sur www.holyunionsisters.org. Je m'appelle Sœur Barbara Walsh et je suis une Sœur de la Sainte-Union. Aujourd'hui, nous entretenons avec les Sœurs Alice Michael et Alice Arsenault. Bienvenue, Sœur Alice Michael.
Sœur Alice Michael : C'est un plaisir d'être ici.
Sœur Barbara Walsh : Et bienvenue à vous aussi, Alice Arsenault.
Sœur Alice Arsenault : Merci. C'est merveilleux, c'est une joie d'être ici.

Sœur Barbara Walsh : Aujourd'hui, nous allons parler de vos récents pèlerinages à Douai, en France, et à Froyennes, en Belgique, qui sont les lieux de naissance de notre congrégation. Y avait-il une raison particulière pour que ce pèlerinage ait lieu à ce moment précis ?
Sœur Alice Arsenault : Oh, oui. C'est notre bicentenaire. En d'autres termes, nous avons 200 ans, et nos sœurs à Rome ont décidé que nous devions faire quelque chose de vraiment grand et important pour tout le monde. Elles ont donc suggéré que nous retournions à nos racines. Et c'était, comme l'a dit Sœur Barbara, un retour à Douai et à Kain en Belgique. Nous y avons rencontré des personnes formidables qui nous ont aidées à nous situer dans le contexte de ce que le fondateur a accompli et, en un sens, continue de faire à travers les personnes qui travaillent dans nos écoles. Les écoles en Belgique sont très vivantes. On voit le nom Sainte-Union sur les bâtiments scolaires où de nombreux laïcs sont engagés et vouent une grande dévotion à notre fondateur.
Il y a 200 ans, notre fondateur s'est efforcé de rassembler des femmes qui travaillaient dans la paroisse et enseignaient les travaux d'aiguille aux jeunes filles. Il a vu le besoin, après la Révolution française, de créer des écoles. Ces écoles sont donc toujours très dynamiques aujourd'hui. En fait, de nouvelles écoles sont encore en construction, et l'établissement en train d'ouvrir pour le mois de septembre enseignera la gestion hôtelière ainsi que la restauration. Les écoles sont donc bien vivantes, et certains enseignants nous ont parlé de la fondation. Un monsieur a même déclaré : « J'aime le fondateur, Jean-Baptiste Debrabant. Il avait une merveilleuse pédagogie avec les enfants, et j'essaie toujours d'imiter son style au quotidien. » Cela montre simplement que lorsque la gentillesse est à la base de ce que l'on entreprend, elle se répercute sur tout. Je pense donc que c'est la raison pour laquelle ces personnes sont toujours aussi dévouées non seulement au fondateur, mais surtout à Dieu qui agit à travers eux.
Sœur Alice Michael : Quelque chose que Sœur Alice vient de dire m'a beaucoup marquée dès le début : c'est la joie, comme s'ils le connaissaient personnellement, son esprit. C'est comme si la Sainte-Union ne s'était jamais éteinte. En Belgique, nous avons des écoles, mais même en France, il y a une telle joie du souvenir. Cela témoigne de l'impact qu'a eu le Père Debrabant, mais aussi de son esprit et de son ouverture pour répondre de différentes manières à mesure que le temps change et que de nouveaux besoins apparaissent, comme elle vient de le souligner. Cela m'a vraiment touchée, car aujourd'hui, chacune d'entre nous traverse différentes étapes, mais toujours avec la même mission de répandre l'amour de Dieu. Cela a été très fort pour moi.
Sœur Alice Arsenault : Oui, moi aussi, Alice. Ces personnes étaient tellement remplies de joie en nous racontant ce que le fondateur représentait pour elles.
Sœur Barbara Walsh : D'autres personnes se sont-elles jointes à vous pour ce pèlerinage, en dehors de nos sœurs ?
Sœur Alice Arsenault : Eh bien, nous avions des sœurs des États-Unis (nous deux), d'Argentine, de Tanzanie, d'Angleterre, d'Irlande, de France et de Belgique. Malheureusement, nos sœurs du Cameroun n'ont pas pu obtenir de visa. C'était très dur à accepter, pour elles comme pour nous. Elles étaient dix à devoir venir et leurs badges étaient préparés. On nous a donc invités à en prendre un. Sœur Alice et moi avons toutes deux eu l'opportunité de prendre un nom et de porter, en plus de notre propre badge, celui d'une sœur. J'avais Sœur Juliette avec moi, nous la transportions en esprit. Depuis, je suis en communication avec elle. Elles étaient donc présentes, ainsi que l'équipe de Rome. Il y avait aussi quelques intervieweurs.
Sœur Alice Michael : Et puis des personnes, comme Alice vient de le mentionner, se sont jointes à nous pour de magnifiques moments de partage tout au long des différents jours. Il y avait des Sœurs de la Sainte-Union, et même des associés. Nous avions une associée d'Angleterre ou d'Irlande qui était excellente. D'autres personnes ont donc enrichi la composition de ce pèlerinage.
Sœur Barbara Walsh : Y avait-il une autre raison pour laquelle ce pèlerinage se tenait à ce moment précis ?
Sœur Alice Arsenault : Eh bien, le mois de juin est toujours une période de célébration pour nous, car nous célébrons Saint Jean-Baptiste, le patron de notre fondateur. Le 24 juin est donc, depuis notre fondation, une date majeure pour toute la congrégation. Nous y célébrons non seulement Jean-Baptiste, le précurseur et cousin de Jésus, mais aussi Jean-Baptiste Debrabant. Le 24 juin a été le point culminant de tout ce voyage, qui avait débuté le 19 juin. Cela peut sembler court, mais il s'est passé tellement de choses pendant cette période. Le temps a filé à toute vitesse.
Un prêtre a prononcé des paroles très fortes ; il portait la chasuble du fondateur. C'était marquant. Son visage rayonnait de joie lorsqu'il célébrait et montrait la chasuble. C'était un jeune prêtre, mais il a inspiré un tel enthousiasme en faisant mémoire du Père Debrabant.

Il s'appelait Emmanuel Roussline. C'est un jeune prêtre très dévoué au fondateur. Dans son église, il y avait un buste du fondateur, et des adolescents étaient présents. Te souviens-tu, Alice ? Des adolescents sont venus, et beaucoup de laïcs ont assisté à cette messe particulière.
Sœur Alice Michael : Oui, beaucoup. Et certaines de nos sœurs qui vivent dans la région étaient là. L'une d'elles était très heureuse d'être présente, et les laïcs se souvenaient d'elle comme d'une sœur très active et aimante. Je crois qu'elle a travaillé avec notre équipe à Bethsaïde.
Sœur Alice Arsenault : C'était Bethsaïde, un centre pour jeunes et adultes en situation de handicap. Sœur Thérèse y était très, très active. Ils ont également mentionné Sœur Marie Véronique, qui avait été membre de la paroisse et dirigeait la chorale. Pour eux, c'était important de se souvenir non seulement du fondateur, mais aussi des sœurs qui ont été présentes dès les premiers jours ou plus récemment.
Sœur Alice Michael : Avant même que ce pèlerinage n'ait lieu, nous avons reçu plusieurs communications de la Maison Générale à Rome pour nous rappeler — même si nous le savions — qu'il ne s'agissait pas de vacances, mais bien d'un pèlerinage. On nous a invités à garder à l'esprit que cette démarche devait amener une transformation dans nos propres vies. Nous ne devions pas simplement rester dans le souvenir de notre Père Fondateur, mais regarder où nous en sommes aujourd'hui et vers quoi nous allons, car nous sommes toujours en mission. Cela a été très clair dès le premier jour : nous étions fréquemment rappelées à notre condition de pèlerines. En fin de compte, chaque personne baptisée est en pèlerinage vers sa demeure céleste, le Ciel. À des étapes différentes et avec des relations différentes, mais nous sommes tous dans ce même pèlerinage. C'est ce qui a posé le cadre au départ.
Sœur Barbara Walsh : Pouvez-vous décrire certains des lieux que vous avez visités pour que nous puissions nous en faire une image visuelle ?
Sœur Alice Arsenault : C'est difficile à décrire, certaines de ces églises sont très anciennes. Si notre fondateur y a prié, elles ont au moins 200 ans. Nous savons que le fondateur a célébré la messe dans plusieurs de ces églises. Là où le Père Emmanuel — celui qui portait la chasuble du Père Debrabant — a célébré la messe, le confessionnal du fondateur était encore présent. On nous l'a montré.

Puis il y a eu la visite du cimetière. Ce jour-là, lorsque nous avons quitté Douai, la pluie n'était pas annoncée, donc personne n'avait de parapluie. Eh bien, quand la pluie est tombée, c'était un déluge ! Le bus s'est arrêté et nous voilà parties avec ce qu'on pouvait autour de la tête ou sous des parapluies à marcher vers le cimetière. C'est un beau monument. Juste à côté du fondateur se trouvent nos sœurs qui y sont enterrées. Il y a une femme dont j'ai du mal à me rappeler le nom, mais qui a un tel amour et un tel engagement envers la Sainte-Union qu'elle vient nettoyer la tombe et y déposer des fleurs les jours indiqués.
Sœur Alice Michael : Ce fut un moment très marquant pour moi aussi. Au milieu de cette pluie battante, se tenir devant le lieu même où il est enterré et où nos premières sœurs reposent... c'était un moment très fort.
Sœur Alice Arsenault : Un autre endroit m'a rendue très heureuse : vers la fin, nous sommes allées à l'église où il a été baptisé. Les fonds baptismaux étaient là, de l'eau a été versée et nous avons renouvelé nos propres promesses de baptême. C'était tellement significatif, car c'est un baptême qui nous envoie pour révéler l'amour de Dieu. Chacun est appelé à révéler l'amour de Dieu et à Le faire connaître. C'était très touchant de se trouver là où il a été baptisé et de faire le lien avec notre propre engagement.

Pour vous aider à visualiser la région, c'est un cadre rural avec des maisons vieilles d'au moins 200 ans, certaines en briques où les gens vivent toujours. On y voit de petites fermes et de très grands domaines avec des champs de maïs, de blé et de légumes à perte de vue. C'est une région magnifique. Nous étions environ 40 dans un grand bus. La campagne y est si vivante ! Même si l'on ne croise pas énormément de monde, il y a des gens à vélo, avec de grands coups de pédales, sans assistance électrique. Nous sommes si habitués aux vélos ou trottinettes électriques, mais pas là-bas.
Sœur Alice Michael : C'est drôle, mais cela n'a rien à voir avec New York, Providence ou Boston ! Pour moi qui ai grandi dans une ferme, voir toute cette végétation était formidable. Mais ce qui m'a aussi beaucoup touchée, c'est la gentillesse spontanée des gens de la région, y compris dans les transports. C'était tellement appréciable !
Sœur Alice Arsenault : Un bel exemple de cette gentillesse : Alice et moi étions dans le train entre Paris et Douai. Suite à une mauvaise compréhension sur le panneau d'affichage, nous n'avions que quelques minutes pour rejoindre notre voiture. Sœur Alice Arsenault marche beaucoup plus vite que moi ; nous courions presque alors qu'ils fermaient les portes, et les agents nous ont aidées à monter au moment où le train démarrait. Nous étions dans la voiture 17 et devions descendre à la voiture 5, mais un orage terrible a éclaté — pluie battante, éclairs, tonnerre — et le train s'est arrêté.
Un jeune couple nous a vues et a dit : « Allez-y, marchez, on s'occupe de vos bagages ! » Nous leur avons fait confiance et avons commencé à avancer. Puis une annonce a indiqué que la foudre avait frappé et coupé l'électricité. Plus tard, un arbre est tombé sur les voies à cause de la tempête. Nous avons attendu très longtemps. Quand nous sommes enfin arrivées à Douai, un monsieur s'est approché pour nous guider à travers la gare jusqu'à la station de taxis. Nous avons essayé de lui donner un pourboire, mais il a refusé catégoriquement de prendre un centime.
Ensuite, comme aucun taxi n'arrivait, un homme qui venait de chercher sa femme s'est arrêté. Sœur Alice, qui parle français, lui a expliqué la situation. Il a appelé un taxi pour nous, puis il est parti. Ne voyant rien venir, cet homme est revenu 30 minutes plus tard pour vérifier si nous avions réussi à partir ! Il a rappelé un autre chauffeur. Finalement, une voiture sans enseigne officielle est arrivée — un jeune chauffeur en période d'essai — et nous a ramenées à bon port. C'était une expérience incroyable de voir des inconnus se plier en quatre pour nous aider tard dans la nuit.
Sœur Alice Michael : Je pense que c'est un autre exemple de la façon dont Dieu agit avec nous. Nous étions en route pour ce pèlerinage et déjà dans la prière pour rejoindre notre hôtel, le St. Amand-les-Eaux. C'était un établissement tenu par des religieuses qui nous ont offert une hospitalité formidable. Ce soir-là, alors que nous sommes arrivées très tard, d'autres sœurs et du personnel de l'hôtel nous attendaient. Les sœurs d'Argentine sont arrivées à 2 heures du matin et ont quand même eu de quoi manger. Cet esprit de don de soi était tout simplement magnifique.
Sœur Barbara Walsh : Quel a été le moment le plus marquant de ce pèlerinage pour chacune d'entre vous, et pourquoi ?
Sœur Alice Arsenault : Je dois dire que c'est le premier jour, lorsque notre supérieure majeure, Sœur Caroline, nous a partagé une réflexion qu'elle avait eue à Pâques. Elle a rappelé que, après sa résurrection, Jésus a rencontré les disciples sur le chemin d'Emmaüs. Elle nous a dit : « C'est ce que nous sommes appelées à faire. Jésus a dit aux apôtres de retourner à Jérusalem et qu'il les y rencontrerait. Nous avons été appelées à retourner à Douai et à Kain en Belgique. » C'est là que notre fondateur nous appelait, Dieu nous appelant à travers lui, pour renouveler cet engagement pris il y a tant d'années.
Sœur Alice Michael : Quand elle a mentionné le retour en Galilée et le fait que nous y étions, cela a aussi été un point fort pour moi. Dès le premier jour, Sœur Michelle, de l'équipe de Rome, a dit que ce pèlerinage était une révélation. Cela m'a révélé un niveau plus profond de compréhension de la pensée et de la vision de nos fondateurs. Et puis, la question du legs : quel héritage le Père Debrabant nous a-t-il laissé, et quel héritage souhaitons-nous laisser à notre tour ? Ce n'est pas une question d'argent, mais de ce que nous transmettons.
On nous a également répété que nous devions sortir transformées de ce pèlerinage. Dans ma prière quotidienne, je me demande encore : « Comment ai-je changé, et que dois-je continuer à transformer en moi ? » C'est un processus continu.
Sœur Alice Arsenault : Tu as mis le doigt dessus, Alice. Même si nous n'étions que deux à venir des États-Unis, cela nous a touchées très profondément. Quel que soit notre rôle dans la vie, nous sommes tous appelés à nous rappeler qui nous sommes et pourquoi nous sommes ici.
Sœur Alice Michael : Absolument. Je me souviens aussi du premier jour : il y avait des foulards de différentes couleurs disposés dans la pièce. Ils formaient un cœur au centre, avec cette inscription sur un carton : « Du cœur de Douai au cœur du monde ». Cette phrase est restée gravée dans mon cœur.
Sœur Alice Arsenault : Oui ! On nous a demandé de prendre un morceau de tissu. J'avais un morceau vert et j'ai cherché la sœur qui avait la même couleur : c'était Sœur Aurelia d'Argentine. Elle parlait espagnol et anglais, et comme je suis bilingue, c'était parfait ! Elle est devenue ma partenaire de prière tout au long du séjour. Mais le point le plus fort, c'est que lorsque ces tissus ont été retirés, le cœur s'est vidé... parce que le cœur, c'est nous. Du cœur de Douai au cœur du monde, c'est nous tous qui incarnons ce cœur.
Sœur Alice Michael : Avant de conclure notre podcast aujourd'hui, j'aimerais partager une petite prière qui m'a été donnée il y a près de 50 ans :
« Ne me laisse jamais oublier que je suis un pèlerin sur le chemin du retour.
Apprends-moi à Te chercher, à Te rencontrer et à Te connaître tout au long du voyage.
Je Te prie en particulier de me donner des compagnons fidèles qui me permettront de me reposer mais ne m'arrêteront jamais ; qui me défieront dans mon confort, me fortifieront dans ma faiblesse, me soutiendront dans toutes les souffrances que comporte tout voyage, et partageront avec moi la joie de voyager, de chercher et de trouver ensemble le chemin de notre demeure.
Et cela, je Te le demande par le Christ, Ton Fils et le pèlerin, maintenant et pour toujours. Amen. »
Sœur Barbara Walsh : Merci d'avoir partagé cette belle prière avec nous. Elle nous donne assurément beaucoup à méditer. Il est temps de conclure cet épisode. Je tiens à remercier Sœur Alice Arsenault, Sœur Alice Michael, et bien sûr nos auditeurs. Vous pouvez écouter Called to Be directement sur notre site www.holyunionsisters.org ainsi que sur toutes les grandes plateformes de podcast. Que Dieu continue de vous bénir. Rejoignez-nous la prochaine fois, et rappelez-vous : nous sommes tous des pèlerins.